Religion : Benoît XVI célèbre une messe pour les Mexicains

Le pape, arrivé dimanche matin au parc du... (Photo: AFP)


Le pape, arrivé dimanche matin au parc du Bicentenaire à Silao, a été accueilli par plusieurs centaines de milliers de fidèles catholiques. Il doit y célébrer une grand-messe solennelle.


Benoît XVI célèbre dimanche une grande messe près de Leon, au lendemain d’une deuxième journée au Mexique marquée par une rencontre chaleureuse avec les jeunes, mais aussi l’ombre d’un scandale pédophile sur lequel le Vatican a fermé les yeux.


AFP- Des dizaines de milliers de Mexicains étaient déjà en route pour le parc du Bicentenaire (des indépendances latino-américaines) à Silao, à quelque 40 km de Leon. Samedi en milieu de journée, des milliers de fidèles jeunes et vieux avaient déjà afflué, baluchon sur le dos, s’apprêtant à y camper.
Samedi, le pape a rencontré le président Felipe Calderon à Guanajuato, la capitale de l’État, à une soixantaine de km de Leon. Il est arrivé avec retard tant les foules étaient massées pour l’acclamer tout au long de la route.
L’entretien de vingt minutes a peu porté sur des questions spécifiques comme l’amendement constitutionnel discuté au parlement pour étendre les droits religieux, mais bien plus sur l’éducation des jeunes contre la violence, thème qui tient à coeur au pape, a expliqué le père Federico Lombardi, le porte-parole du Vatican.
La lutte du gouvernement conservateur contre le crime organisé a été aussi évoquée.
Huit victimes des narcotrafiquants –anciens otages, membres de familles de victimes– ont été présentées par le président à Benoît XVI.
Pendant ce temps, sur une place de Guanajuato en fête, dans un cadre baroque espagnol pittoresque, trois mille jeunes attendaient de rencontrer le pape, en scandant, battant des mains et chantant: «Se ve, se siente, el papa esta presente!» («On le voit, on le sent, le pape est présent!»).
De jeunes étudiants catholiques portaient des tee-shirts rouges sur lesquels on pouvait lire: «Nous offrons des valeurs fondées sur le Christ et sur Marie aux jeunes d’aujourd’hui».
«Toute l’Église prie pour la paix au Mexique», proclamait un calicot pendu sur une façade.
Le pape leur a délivré un court message chaleureux, parlant des enfants orphelins «victimes de l’abandon et de la violence», et évoquant indirectement le drame des sévices sexuels qu’ont endurés ou endurent encore les enfants dans l’Église et ailleurs:
«Je désire élever ma voix, pour inviter chacun à protéger les enfants et à avoir soin d’eux afin que jamais leur sourire ne s’éteigne», a-t-il dit solennellement.
«Le disciple de Jésus ne répond par au mal par le mal», leur a-t-il encore recommandé, face à la tentation de la vengeance après les nombreuses violences qui endeuillent les familles mexicaines.
Au même moment, des victimes de sévices sexuels de la part du Mexicain Marcial Macial, fondateur décédé de la congrégation des Légionnaires du Christ, diffusaient un manifeste adressé au pape, dans lequel ils accusent Benoît XVI d’avoir retardé l’enquête de l’Église sur cette affaire.
«On ne nous a pas écoutés et on ne nous a pas crus au moment opportun. Pendant des années, nous avons été ignorés», a affirmé le manifeste.
Ils ont aussi critiqué le fait que Benoît XVI n’ait prévu aucune rencontre les victimes.
Marcial Maciel est décédé aux États-Unis en janvier 2008, à l’âge de 87 ans. Il était accusé d’avoir eu une fille issue d’une liaison cachée et d’avoir abusé de huit anciens séminaristes.
L’actuel pape était de 1981 à 2005 à la tête de la Congrégation pour la foi, à un moment où les plaintes pour sévices sexuels visant Maciel se sont multipliées.
Les victimes ont également présenté un livre intitulé «La volonté de ne pas savoir», qui comprend plus de 200 documents des archives du Vatican montrant, selon elles, que Ratzinger connaissait les dénonciations de sévice sexuel contre Maciel.
Selon les vaticanistes, Maciel a été protégé au Vatican, parce que son ordre était dynamique, mais Ratzinger ne figurait jamais parmi ses protecteurs.
Dans une conférence de presse, le père Federico Lombardi, porte-parole du Saint-Siège, a jugé «très injuste d’affirmer que ce pape a cherché à occulter» ce scandale. Il a affirmé qu«’un grand nombre de documents» montraient le contraire.
Pour expliquer l’absence de rencontre prévue au Mexique, le père Lombardi a expliqué qu’il n’y avait pas d’entrevue avec des victimes à chaque voyage du pape.
La demande de rencontre des victimes mexicaines du père Maciel semblait en outre avoir été faite «dans une certaine agressivité et une certaine ambiguïté», a-t-il fait valoir.
Le pape doit quitter lundi matin le Mexique pour Cuba, deuxième étape de son périple latino-américain.
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