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Port-au-Prince : Des fêtes sur fond de marasme

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Les rues de la région métropolitaine de Port-au-Prince n’augurent rien de spécial pour les fêtes de Noël et de fin d’année. La vie chère, le chômage, l’insécurité et les immondices à chaque coin de rue semblent l’emporter sur toute velléité de faire de cette période un véritable moment de partage et de joie.

A admirer la splendeur des décorations des grands magasins, notamment à Pétion-Ville, certains pourraient affirmer que tout va pour le mieux en Haïti, à l’approche de la Noël et des fêtes de fin d’année. Pourtant, dans les rues, pour les citoyens ordinaires, la réalité est toute autre. L’expression du visage de certains marchands de jouets étalés sur les trottoirs et dans les marchés publics en dit long. Même les plaisanteries tournent au tour de la situation socio-économique précaire qui veut que l’austérité soit, au sein des familles, la règle générale à cette époque où le partage devait être la norme. « La fête est renvoyée pour l’année prochaine », lance, ironiquement Mariana derrière sa barque avec un grand parasol. Elle s’adresse à une collègue qui se plaint de la lenteur des ventes à une semaine de la Noël : « A pareille époque, on devrait déjà commencer à vendre nos jouets. Bien qu’il faille souligner que chaque année les choses se dégradent de plus en plus ».

Les engouements pour les fêtes de Noël tardant à se faire sentir, inquiètent ces petits commerçants qui espéraient une bonne vente pour s’assurer, eux-mêmes, de fêter avec leur famille. Déjà la troisième semaine du mois s’entame, il ne leur reste que quelques jours pour savoir finalement à quoi vont ressembler Noël et les fêtes de fin d’année. Entre-temps, les plus avisés restent sceptiques. « Je ne pense pas que les Haïtiens devraient avoir l’esprit à la fête. Nous sommes à un carrefour où notre statut de peuple libre et indépendant est menacé. Les crises politiques augurent des jours tristes, il faudrait de préférence commencer par réfléchir sur ce qui nous attend dans les prochains jours », commente un professeur d’Université, l’air bouleversé.

S’il serait injuste de dire que les activités en rapport avec les festivités de Noël sont au point mort, peu de gens contesterait le fait qu’elles soient en agonie. Les rues aussi sales et moins bondées de gens que d’habitude ; les marchands de jouets visiblement en petite quantité ; et la peur plus présente que jamais, sont autant de signes qui laissent présager une Noël à demi-teinte.

Les conditions socio-économiques difficiles de la population ont, certes leur impact, mais la terreur des rues, contribue largement à atténuer l’ambiance festive qui devait régner dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. « Avec tous ces gens qui sont kidnappés, assassinés et braqués, je ne crois pas que quelqu’un dépensera trop d’argent pour les achats ou l’organisation de fête de fin d’année. On est tous sous pression et essaie d’être le plus subtil possible », explique une mère de famille de Pétion-Ville, plutôt aisée.

En fait, sur le plan sécuritaire, ces trois derniers mois ont été particulièrement troublants. Les actes d’insécurité ont connu une nette augmentation. Un fait que les autorités policières et la Minustah ont toujours démenti arguant que la situation a été déjà plus aggravante au mois de juillet de cette année. Elles ont toutefois admis que les fêtes de Noël et de fin d’année s’accompagnent toujours d’actes de banditisme. Elles ont en effet annoncé l’adoption de certaines mesures pour dissuader les bandits. Un souhait qu’exprime plus d’uns pour éviter que les fêtes ne basculent dans l’horreur.

L’année dernière, le gouvernement avait débloqué 400 millions de gourdes pour soulager la misère de la population défavorisée à l’approche de la Noël, selon des responsables. Pour l’instant, aucune annonce n’est faite à ce sujet. Avec le renouvellement de l’état d’urgence pour un nouveau mois, 5 décembre 2012 au 5 janvier 2013, personne ne sait si cela sera une priorité pour le pouvoir, d’autant que la ministre de l’économie et des finances, Marie Carmelle Jean-Mary, a plaidé en faveur de la réduction des dépenses au niveau des pouvoirs.

En tout cas, ce qui reste certain, beaucoup de gens affirment vouloir faire tout leur possible pour essayer, tant bien que mal, de profiter de cette période afin d’oublier les horreurs de 2012.

Patrick Réma

 

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