Tropicana d’Haïti, l’Orchestre le plus populaire de l’année 2012

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A la veille de son 50e anniversaire, l’Orchestre Tropicana d’Haïti, la fusée d’or, appelé par ses fans, « l’Orchestre de toutes les générations », est au top de sa forme et ne cesse de multiplier ses prestations tant en Haïti qu’à l’étranger.

L’Orchestre Tropicana est issu de l’Orchestre CARAÏBES qui vit le jour dans les années 50. L’histoire raconte que c’était un mercenaire cubain, Basile COTTY qui, paradoxalement, a suggéré le nom : Tropicana au maestro Claudin ou Glaudin. L’histoire du Tropicana parait quelque peu singulière et étonnante. Qui aurait pu imaginer que cet Orchestre, aujourd‘hui une référence nationale, connaitrait des moments noirs peu après sa création ?

L’aventure a commencé au mois d’août 1963 au Cap-Haïtien, dans la métropole du Nord avec son premier maestro, Emmanuel Turenne, rejoint plus tard par Charlemagne Pierre-Noel, le directeur musical. L’Orchestre a eu du mal à fonctionner tant les pressions sociales étaient fortes. Il ne pouvait pas se produire dans les milieux intellectuels, huppés qui étaient considérés comme la chasse gardée du Septentrional. Tropicana était l’orchestre des déshérités, donc il était relégué à l’arrière plan. Si jamais il devait jouer quelque part, en milieu défavorisé bien sûr, c’était pour une pitance.

A cette époque, la musique française et la musique latine était très populaires en Haïti. Il fallait venir avec quelque chose de meilleur pour arriver à s’imposer dans une zone qui vous est déjà très hostile. La présence de Tropicana avec son fameux chanteur Pierre Féquière Joseph, plus connu sous le nom de Giordany Joseph (Gros monsieur), allait-elle changer les choses ?


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Celui-ci excellait en chansonnettes françaises, boléros et pots-pourris spécialement. Il était une référence sûre, sa voix remplissait l’Orchestre dans tous ses compartiments. Il était devenu un chanteur de charme avec les chansonnettes françaises et ses boléros, dont lui seul avait le secret. Dans son style, il était unique. L’artiste était un parolier extraordinaire. Il a ajouté au répertoire du Tropicana des textes mémorables comme: « Rosemarie », « Marie Madeleine », « Rosie » et « Philomise » que Charlemagne Pierre-Noel et Daniel Larivière avaient orchestrés. Son texte de prédilection était « Le Nègre », arrangé par le professeur Jean Janvier Muselaire.

Ces compositions aidaient beaucoup l’Orchestre à se faire connaître, à s’imposer et à explorer d’autres régions du pays. Avec l’aide de certains médias, le Tropicana d’Haïti commençait à faire sa popularité. Des animateurs de radio comme Joseph “Joe” Solon à  MBC et Denis H. Mathurin à Radio Caraibes ont beaucoup contribué à la popularisation de l’Orchestre. D’autres émissions populaires comme le club Tropic de Port-au Prince répandaient ses compositions à travers le pays et les rendaient ainsi populaires de jour en jour.


Selon Djecee de kitelmache.net, « Le nom de l’Orchestre Tropicana d’Haïti recèle aujourd’hui un trésor d’histoires fabuleuses pour les générations présentes et futures. Groupe musical mythique et légendaire dont la gestion et la solidarité entre les musiciens font de lui une véritable institution. Le professionnalisme de ses musiciens, l’ingéniosité de ses compositions, jamais en déphasage avec le temps, doivent servir de modèle aux musiciens et aux entrepreneurs locaux. »



L’Orchestre Tropicana d’Haïti a produit plus d’une quarantaine d’albums, à partir de 1970, soit sept ans après son existence. Le premier hit est la composition « Zoklo », suivi de « Ti Zo. » Mais n’en parlons pas parce qu’on trouve sur chaque album produit par l’Orchestre, au moins un hit et d’autres compositions sur des sujets populaires qui retiennent l’attention et qui sont matière à réflexions.

En termes de gestion, l’Orchestre Tropicana est un modèle, une véritable institution qui tient compte du bien-être de chaque membre qu’il soit actif ou non. Toutefois, cela ne veut pas dire pour autant que tout va bien au quotidien. Quand l’orchestre a démarré en 1963, il y avait des difficultés de toutes sortes. Au Cap même, le groupe n’était pas le bienvenu. Réaliser une kermesse ou une soirée dansante était chose difficile ou impossible. D’ailleurs, rares étaient les night clubs qui voulaient accueillir l’orchestre car le public avait du mal à apprécier le travail rythmique qui lui paraissait nouveau.

Le groupe ne gagnait pas assez d’argent, il était confronté à pas mal d’inconvénients qu’il devait surmonter coûte que coûte pour arriver à subsister. Heureusement, l’Orchestre était uni, les musiciens, solidaires les uns des autres, jouaient avec leurs cœurs amenant ainsi le groupe à prendre son envol au cours des années 1970, notamment en décembre 1973 après un voyage aux États-Unis d’Amérique, au Canada et aux Antilles selon M. Augustin Antoine. C’était une tournée à succès dont la nouvelle arrivait aux oreilles des plus entêtés et les portait à regarder l’Orchestre autrement. Depuis, les prestations devenaient de plus en plus fréquentes et les mélomanes réticents commencaient a venir faire sa connaissance.

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Une autre page est tournée et il faut voir l’avenir

Au commencement, il n’y avait pas beaucoup de musiciens à gérer, explique M. Antoine. Aujourd’hui, c’est plus complexe dit-il. Il y a les retraités, les musiciens actifs et les stagiaires. Maintenant le Tropicana est une machine avec plus de deux cent (200) contrats de bals et de kermesses par année, des dépenses exorbitantes, conclut notre interlocuteur. Le respect de ses fans, son professionnalisme et la discipline qui y règnent, constituent la force de cet Orchestre et expliquent en partie son succès.

Le Tropicana et le social

L’Orchestre Tropicana ne se contente pas seulement de jouer et de gagner de l’argent. La « Fusée d’or », s’investit aussi dans le social. Il y a la fondation, « Fonda Tropic » qui en 2008/2009 a planté 87 000 plantules à travers les communes du Cap-Haitien et du Limbé. La fondation s’occupe aussi des enfants nécessiteux en les aidants à payer leur écolage.

La tradition des soirées dansantes

Les soirées dansantes de l’Orchestre Tropicana d’Haïti, sont devenues une tradition dans beaucoup de régions du pays, à commencer par Port-au-Prince où l’on a l’impression que la « Fusée d’or » est même trop populaire. Les fans du Sud de Port-au-Prince savent que chaque 2 janvier, ils ont un rendez-vous avec le Tropicana au Méridien night club et c’est le même constat chaque 31 décembre au club International, à Pétion-ville, à la faculté d’Agronomie avant la Noël et au club Distinction à Damien, au Nord de Port-au-Prince. Ce n’est pas tout, dans les villes de province, l’orchestre par ses soirées dansantes attirent beaucoup de fans et même ceux de Port-au-Prince. Des gens de cette capitale n’ont aucun mal à se rendre jusqu’à Ounaminthe, dans le Nord-EST pour danser leur orchestre.

Avec l’avènement de son 50e anniversaire, l’Orchestre Tropicana va intensifier ses activités en Haïti et à l’étranger. Le dernier album du groupe « Pran san nou », qui est sorti depuis plus d’une année, est une preuve que l’Orchestre Tropicana d’Haïti reste en contact avec le temps et entend perpétuer sa tradition de marcher avec le temps.

Walter Cameau

 

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