Eclairer l’Artibonite pour faire baisser le crime

 

Dans le but de réduire le climat d’insécurité qui affecte certaines villes de l’Artibonite, une fois la nuit tombée, quelque 150 lampadaires solaires sont en cours d’installation, avec la participation de jeunes résidents formés par la MINUSTAH.

« Avant, le fonctionnement d’un panneau solaire représentait un réel mystère pour moi. Aujourd’hui, je peux tout faire du début à la fin », sourit Mariolita Alexandre Dorcent, une clé à molette dans les mains. Comme elle, six autres jeunes femmes parmi les 30 bénéficiaires, participent à un stage en installation de lampadaires solaires réalisé par une firme haïtienne. 

Ce stage, financé par la MINUSTAH, a nécessité au préalable l’organisation de séminaires sur le montage de lampadaires solaires au profit de ces jeunes, diplômés il y a environ un an dans le cadre d’un programme de formation réalisé en mai 20012 par la Section de la Réduction de la violence communautaire de la MINUSTAH. Des séminaires qui offrent à ces techniciens-stagiaires la possibilité de mettre en valeur des notions apprises. 


« Pas trop vite ! » crient spontanément quelques-uns. « Tirez de l’autre côté ! » s’exclament d’autres qui, à l’aide de cordes, parviennent en moins de quinze minutes à installer un pylône en fer haut de plus de 9 mètres, sous un soleil de plomb. « Nous devons installer six poteaux dans cette zone »,explique Israël Alcide, un autre stagiaire, la tête nouée d’un t-shirt détrempé de sueur. 

Pour chaque journée de travail dans ce quartier populaire de Raboteau, aux Gonaïves, un « ouvrier-stagiaire » perçoit 300 gourdes (6,66 dollars US). Mais pour Israël, le plus important, c’est l’éclairage, car «une fois les travaux terminés, on pourra étudier chez soi », dit-il, le visage rayonnant. Jusque-là, à cause du rationnement du courant électrique dans la ville, il était obligé d’aller faire ses devoirs sur la Place d’Armes, la principale place de la ville dotée d’éclairage solaire. 

Mieux vaut prévenir 

A la rue Toussaint Louverture, dans la commune de Petite-Rivière de l’Artibonite, quelques riverains observent avec curiosité des Casques bleus argentins en train de couler la base en béton d’un lampadaire. « Nous avons choisi cette zone pour des raisons stratégiques », explique Fedner Grand-Pierre, l’agent exécutif intérimaire de la commune qui souligne que des cas de braquage le soir sont courants dans la zone.

Deux rivartibonitiennes a un bal de Septent a Ideal Night Club a la Petite Riviere de l’Artibonite



Comme à Petite Rivière, les militaires argentins, dans le cadre de leurs activités civilo-militaires, doivent installer 50 lampes dans d’autres localités du département. « La lumière est fondamentale pour la sécurité. Il est préférable de prévenir plutôt que de faire de la répression », argumente Sergio Daniel Garcia, Sous-Officier argentin, affecté au Bureau régional de la coordination des activités civiles des militaires de la MINUSTAH. 

Lancés le 29 octobre, les travaux ayant mobilisé une centaine de soldats, ont pris fin au début du mois de décembre. Les matériaux nécessaires à ces opérations d’éclairage ont été fournis par la Mission onusienne en Haïti.
                                                                                      Jean Etiome Dorcent

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