L’écrivain Gabriel García Márquez est mort

 

Gabriel Garcia Marquèz

 

Agence France-Presse
MEXICO

L’auteur latino-américain le plus lu au monde a tourné la page : Gabriel García Márquez, décédé jeudi à l’âge de 87 ans, a incarné l’âme du «réalisme magique», un courant littéraire témoin d’un continent agité.

Le prix Nobel colombien de Littérature est mort jeudi à son domicile de Mexico des suites d’une pneumonie.

«Mille ans de solitude et de tristesse pour la mort du plus grand Colombien de tous les temps», a annoncé le président colombien Juan Manuel Santos sur son compte Twitter en référence à son chef d’oeuvre Cent ans de solitude.

«Les géants ne meurent jamais», a ajouté le président colombien.

Quelques minutes plus tôt, le journaliste de la chaîne mexicaine Televisa Joaquin Lopez-Doriga avait annoncé – également sur Twitter – que l’écrivain âgé de 87 ans était «décédé à son domicile de Mexico» aux côtés de son épouse et de ses deux fils.

Jeudi après-midi, de nombreux badauds s’étaient massés devant son domicile de Mexico, situé dans le quartier cossu de El Pedregal de San Angel, où aucun membre de sa famille ne s’était encore exprimé devant la presse. L’écrivain et photographe colombien Guillermo Angulo, ami proche de l’écrivain, a été vu en train d’arriver au domicile de l’écrivain, mais il n’a pas non plus souhaité faire de commentaire.

Ces derniers jours, il se trouvait selon sa famille dans un état de santé «très fragile». Le 8 avril, il avait quitté un hôpital de Mexico après y avoir subi pendant huit jours de traitement pour une pneumonie.

Le quotidien mexicain El Universal, citant des «sources dignes de foi», avait indiqué en début de semaine que le cancer lymphatique dont avait été victime Gabriel García Márquez  il y a quinze ans était réapparu et s’étendait maintenant au poumons, aux ganglions et au foie.

Sa dernière apparition publique remonte au 6 mars lorsqu’il était venu à la porte de sa résidence du sud de Mexico, où il vit depuis plus de 30 ans, pour recevoir des journalistes venus lui rendre visite pour son anniversaire.

Un grand de la littérature s’éteint

Né le 6 mars 1927 dans le village d’Aracataca sur la côte caribéenne de Colombie, ce fils d’un simple télégraphiste, élevé par ses grands-parents et tantes, a baigné durant toute son enfance dans une culture tropicale mêlant indigènes, esclaves d’Afrique et colons espagnols.

Ces légendes aux parfums exotiques ont inspiré une oeuvre immense de contes, nouvelles et romans.

Sa vocation pour les lettres remonte au début des années 1960 lorsqu’il s’installe au Mexique avec Mercedes Barcha, mère de ses deux fils, après une rencontre avec son grand ami, l’écrivain mexicain Carlos Fuentes.

«Un après-midi, nous nous sommes assis devant chez moi et nous nous sommes dit: “Qu’est-ce qu’on va faire ?” Et nous avons décidé d’écrire des romans : le sort en était jeté», a confié l’auteur colombien.

«J’écris pour que mes amis m’aiment», se plaisait à répéter ce petit homme moustachu surnommé affectueusement «Gabo» par ses proches.

En 1982, date de la consécration, il obtient le prix Nobel de littérature. La célèbre académie salue une oeuvre «où s’allient le fantastique et le réel dans la complexité riche d’un univers poétique reflétant la vie et les conflits d’un continent».

«Une réalité qui n’est pas de papier»

Dans son discours, l’écrivain, venu chercher sa récompense à Stockholm symboliquement revêtu du liqui-liqui, tenue traditionnelle de sa région, a souligné sa volonté de décrire une «réalité qui n’est pas de papier».

La conscience politique marque en effet une autre facette de l’ancien étudiant en droit peu motivé qui a fait ses débuts dans l’écriture en journalisme.

Il n’a ensuite jamais abandonné cette passion pour la presse et la politique, laissant en héritage la «Fondation du nouveau journalisme», école fondée dans le port colombien de Carthagène.

Son premier contrat au journal de Bogota, El Espectador, qui publia son premier conte en 1947, était rémunéré 800 pesos, moins d’un demi-dollar par mois.

Envoyé en Europe après un article ayant déplu au régime militaire, García Márquez a vécu à Genève, Rome et Paris, où il termina dans un appartement du quartier latin son roman «Pas de lettre pour le colonel».

Décrivant le journalisme comme «le plus beau métier au monde», il s’est illustré comme un admirateur de la révolution cubaine et défenseur des victimes des dictatures militaires d’Amérique du Sud.

Correspondant de l’agence de presse cubaine Prensa Latina à Bogota, il a été l’ami personnel de Fidel Castro auquel il a souvent rendu visite à La Havane. Une relation que ses détracteurs lui ont reprochée. Un autre prix Nobel de littérature latino-américain, le Péruvien Mario Vargas Llosa, l’a notamment qualifié «d’écrivain courtisan», utilisé par l’île communiste comme «un alibi dans le milieu intellectuel».

Gabriel García Márquez, qui aimait partager la table de chefs d’État comme l’Américain Bill Clinton ou le Français François Mitterrand, a aussi été critiqué pour cette fascination pour les puissants.

En Colombie, certains lui ont reproché son absence dans ce pays rongé par un demi-siècle de lutte entre autorités et guérillas d’extrême-gauche.

«Je suis fondamentalement un écrivain, un journaliste, pas un politique», avait-il rétorqué un jour, assurant préférer agir dans l’ombre. Selon lui, cela aurait permis la libération discrète de plusieurs prisonniers politiques cubains.

Après les succès des années 80 et 90, notamment Chronique d’une mort annoncée (1982),L’Amour aux temps du choléra (1985) – Garcia Márquez avait entamé un combat contre la maladie, un cancer lymphatique, et l’écriture du premier volume de son autobiographie, Vivre pour le raconter, paru en 1998.

Lors de ses dernières années, ses apparitions publiques devenaient plus rares tout comme ses écrits. Son dernier roman, Mémoire de mes putains tristes, a été publié en 2004.

Avec The Associated Press

Principaux écrits

ROMANS

Des feuilles dans la bourrasque (1965)

Pas de lettre pour le colonel (1958)

Cent ans de solitude (1967)

L’automne du patriarche (1975)

Chronique d’une mort annoncée (1981)

L’Amour aux temps du choléra (1985)

Le général dans son labyrinthe (1989)

Douze contes vagabonds (1992)

De l’amour et autres démons (1994)

Journal d’un enlèvement (1997)

Vivre pour la raconter (autobiographie – 2002)

Mémoire de mes putains tristes (2004)

NOUVELLES

La troisième résignation (1947)

Les funérailles de la grande mémé (1962)

L’incroyable et triste histoire de la candide Eréndira et de sa grand-mère diabolique (1972)

OEUVRES JOURNALISTIQUES

Récit d’un naufragé (1955)

Chili, le Coup d’État et les Gringos (1974)

Vive Sandino (1982)

L’Aventure de Miguel Littín, clandestin au Chili (1986)

Je ne suis pas ici pour faire un discours (2010)

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