Présidentielle française: Emmanuel Macron et Marine Le Pen au deuxième tour

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Présidentielle française: Emmanuel Macron et Marine Le Pen au deuxième tour

Marine Le Pen et Emmanuel Macron seront du second tour, le 7 mai 2017.

PHOTO ARCHIVES AFP

Agence France-Presse
Paris

Le centriste pro-européen Emmanuel Macron et la candidate de l’extrême droite anti-Europe Marine Le Pen, arrivés en tête dimanche soir du premier tour de la présidentielle française, s’affronteront lors du second tour, marquant le rejet des partis traditionnels.

Les premiers résultats indiquaient qu’Emmanuel Macron avait devancé Marine Le Pen de 2 % au premier tour.

Favori de ce duel final, Emmanuel Macron, ancien ministre de l’Économie âgé de 39 ans, arrive en tête devant la chef du parti Front national, 48 ans, selon des estimations de trois instituts de sondage.

Le second tour de la présidentielle est prévu le 7 mai avec une prise de fonctions pour cinq ans du nouveau président courant mai. Des législatives sont ensuite programmées en juin.

Lors du premier tour tenu sur fond de menace terroriste, la participation a avoisiné les 70%, un des meilleurs niveaux depuis quarante ans, selon le ministère français de l’Intérieur.

Le niveau de mobilisation des 47 millions d’électeurs était l’une des clés du scrutin, alors qu’un sur quatre se disait encore indécis ces derniers jours.

Trois jours après une attaque revendiquée par le groupe armé État islamique sur l’avenue parisienne des Champs-Élysées, qui a coûté la vie à un policier, 50 000 policiers et 7000 militaires avaient été déployés pour assurer la sécurité du scrutin.

Visée depuis janvier 2015 par une série d’attaques djihadistes qui ont fait 239 morts, la France organisait cette présidentielle pour la première fois sous le régime de l’état d’urgence.

Le président socialiste François Hollande, affaibli par une impopularité record, ne se représentait pas après cinq ans au pouvoir et un bilan critiqué jusque dans son camp, notamment dans la lutte contre le chômage.

Pari gagné

La campagne présidentielle française a été riche en coups de théâtre et la plupart des ténors qui occupaient la scène politique depuis des années sont tombés les uns après les autres. Parmi eux, l’ex-président Nicolas Sarkozy et les anciens Premiers ministres conservateur Alain Juppé et socialiste Manuel Valls.

Les débats de fond ont été éclipsés pendant des mois par les affaires touchant notamment François Fillon, exclu du deuxième tour de la présidentielle. Ce dernier avait dévissé dans les sondages après la révélation fin janvier de soupçons d’emplois fictifs au Parlement au bénéfice de sa femme et de ses enfants, suivie de son inculpation pour détournement de fonds publics.

À 39 ans, Emmanuel Macron, qui se présentait pour la première fois à une élection, a gagné son pari.

Inconnu des Français il y a encore trois ans, il a mené campagne sur une ligne pro-européenne et un programme libéral, tant en économie que sur les questions de société.

Ovni de la campagne, cet ancien conseiller de François Hollande puis ex-ministre de l’Économie (2014-2016) a construit la popularité de son mouvement «En Marche!», qui se veut «et de droite et de gauche», sur le rejet des partis traditionnels et le désir de renouvellement exprimés par les Français.

À 48 ans, Marine Le Pen, présidente du parti Front national, était donnée en tête du scrutin encore récemment par de nombreux instituts de sondage. Elle a semblé profiter de la vague populiste qui a porté Donald Trump à la Maison-Blanche et conduit la Grande-Bretagne à voter pour la sortie de l’Union européenne.

Celle qui se définit comme une «patriote» veut en finir avec l’euro et la libre circulation dans l’espace européen de Schengen. Elle est visée par une enquête pour des soupçons d’emplois fictifs de collaborateurs de son parti au Parlement européen.

François Fillon, 63 ans, ex-Premier ministre (2007-2012), n’est pas dans le duo de tête. Libéral assumé porteur d’un programme de coupes budgétaires, il avait vu ces derniers mois dans ses déboires judiciaires un «scandale démocratique» et un «complot», voire l’oeuvre d’un «cabinet noir» au sommet de l’État décidé à lui nuire.

Autre candidat en échec alors que certains le voyaient au deuxième tour, Jean-Luc Mélenchon, 65 ans, ex-socialiste devenu l’étendard de la gauche radicale sous le slogan de la «France insoumise», était un adepte revendiqué du «parler dru et crû», populiste de gauche pour ses adversaires, défenseur du peuple contre l’oligarchie pour ses partisans.

Selon des résultats préliminaires, Emmanuel Macron obtiendrait entre 23% et 24%, Marine Le Pen entre 21,6% et 23%, devant François Fillon entre 19% et 20,3% et Jean-Luc Mélenchon entre 19% et 20%, au coude-à-coude, loin devant Benoît Hamon entre 6,1% et 6,8% et Nicolas Dupont-Aignan entre 4,5% et 5%. Aucun autre candidat n’atteint la barre des 5%.

Présidentielle en France

Près de 47 millions d’électeurs étaient appelés à voter au premier tour le 23 avril, puis au second tour le 7 mai, pour élire le nouveau président de la République française appelé à succéder au socialiste François Hollande :

Les précédents présidents sont :

2012-2017 : François Hollande (socialiste)

2007-2012 : Nicolas Sarkozy (droite)

1995-2007 : Jacques Chirac (droite), qui a enchaîné un septennat et un quinquennat.

1981-1995 : le socialiste François Mitterrand, qui a effectué deux mandats de sept ans.

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