Attentats-suicides au Nigeria: 28 morts, plus de 80 blessés

Injured victims of a female suicide bomber lie on the floor awaiting medical attention at a Maiduguri hospital in northeastern Nigeria on August 15, 2017.

Des victimes attendant des soins a l’hopital Maiduguri dans le Nord’Ouest du Nigeria

 

Agence France-Presse
Kano

Trois femmes kamikazes se sont fait exploser mardi dans une ville à 25 kilomètres de Maiduguri, la capitale de l’État du Borno, dans le nord-est du Nigeria, faisant 28 morts et plus de 80 blessés, selon des sources locales.

«Trois femmes ont déclenché leur ceintures explosives juste à l’entrée d’un camp de déplacés (dans la ville de Mandarari) faisant 28 morts et 82 blessés», a rapporté Baba Kura, membre des milices civiles qui lutte contre le groupe djihadiste de Boko Haram.

«La première femme a déclenché sa ceinture vers 18h00 dans le marché qui se trouve à l’entrée du camp», raconte ce témoin de la scène.

«Cela a créé de la panique, et les commerçants étaient en train de fermer leur boutique quand deux autres femmes se sont fait exploser, causant la majeure partie des morts et des blessés», poursuit M. Kura.

Ibrahim Liman, l’un des chef des milices civiles engagées dans le combat contre les djihadistes, a confirmé le triple attentat, ajoutant que «plus de 80 blessés ont été conduits à l’hôpital de Maiduguri», grande ville du nord-est du Nigeria.

Des sources à l’intérieur de l’hôpital ont fait part «d’un grand nombre de personnes qui sont arrivées» mardi en fin de journée.

Mandarari se trouve dans le district de Konduga, à quelques kilomètres de la capitale de l’État du Borno, district qui a été la cible récente de nombreuses attaques du groupe de Boko Haram.

Des hommes armés ont envahi le village d’Amarwa, proche de Mandarari, dans la nuit de samedi à dimanche, tirant au hasard sur les villageois et mettant le feu à toutes les habitations.

Le district de Konduga est l’un des épicentres des violences commises par le groupe djihadiste depuis que l’armée a forcé les combattants islamistes à décrocher de leur base de la forêt de Sambisa, en décembre dernier.

Il y a deux semaines, trois vendeurs de bois ont été décapités non loin de là, accusés par les combattants d’être des espions au service des forces de sécurité.

Le conflit dans le nord-est du Nigeria semble s’être réorganisé depuis quelques mois. Boko Haram, qui a perdu les grandes villes autour du lac Tchad, mène encore des attaques sporadiques sur les grands axes et les villes stratégiques dans la région, empechant l’armée et les ONG d’accéder aux populations vulnérables.

Fin juillet, une embuscade contre une mission de prospection pétrolière menée par la compagnie des hydrocarbures nationales, NNPC (Nigerian National Petroleum Company) a fait près de 70 morts.

La semaine dernière, l’armée nigériane a fouillé «illégalement», selon les déclarations onusiennes, le camp de base des Nations Unies à Maiduguri, dans une escalade de tensions entre les autorités et les forces de sécurité.

Le conflit de Boko Haram, particulièrement meurtrier dans la région du lac Tchad, a fait plus de 20 000 morts et 2,6 millions de déplacés depuis que le groupe extrémiste a pris les armes en 2009.

Selon l’ONU, près de deux millions de personnes souffrent de malnutrition aiguë et 6,9 millions ont besoin d’une assistance humanitaire dans le nord-est du Nigeria.

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