USA: de plus en plus de quartiers interdits aux Afro-américains

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Un demi-siècle s’est écoulé depuis l’adoption, en 1964, de la loi sur les droits civiques interdisant la discrimination raciale aux Etats-Unis, écrit mardi le quotidien Rossiïskaïa gazeta.

Depuis, un grand pas a été fait dans la situation des noirs en Amérique. Mais de facto, la ségrégation raciale se manifeste sous de nouvelles formes aujourd’hui. Des tendances dangereuses émergent, qui pourraient remettre en cause tout le chemin parcouru.

La ville de Bâton-Rouge, en Louisiane, compte près de 227 000 habitants. Selon les normes américaines, c’est une ville plutôt pauvre avec un fort taux de violence et un système scolaire critiquable, selon un article de The Independent. Aujourd’hui, les habitants aisés du sud de Bâton-Rouge s’efforcent d’obtenir le droit de créer leur propre ville, Sainte-George. 70% des habitants des quartiers voulant “l’indépendance” sont des Américains de race blanche, alors qu’à Bâton-Rouge même ils sont minoritaires – 40%. C’est pourquoi les critiques ont baptisé cette initiative de “trahison de la loi sur les droits civiques”. Le principal argument des partisans de cette initiative est leur aspiration à assurer la sécurité des enfants.

Ils se plaignent de la faible qualité de l’enseignement à Bâton-Rouge, et des élèves agressifs des familles moins aisées qui intimident et chahutent leurs enfants dans les écoles. Si le quartier obtenait le statut de ville, il pourrait lui-même récolter les impôts et créer un district scolaire indépendant de Bâton-Rouge.

Le sud de Bâton-Rouge pourrait alors devenir le plus grand quartier des USA à se détacher d’une ville en obtenant le statut d’autonomie. Selon les experts, cela pourrait créer un précédent dangereux pour les Etats du sud de l’Amérique.

D’une part, on peut comprendre l’aspiration des parents à créer des conditions favorables pour leurs enfants. De l’autre, cela porte atteinte à un principe fondamental de l’identité américaine –l’égalité.

L’égalité à l’américaine signifie que tout le monde, indépendamment de sa couleur et de son origine, a théoriquement l’opportunité de monter dans sa vie aussi haut que possible et construire son “rêve américain”. Autrement dit, il n’y a pas d’obstacles formels sur cette voie. Mais de facto, ce n’est qu’une opportunité, rien de plus. En prenant le niveau de vie moyen, on constate un certain progrès pour les Afro-américains mais il n’est pas question d’égalité avec les blancs. Les revenus des noirs sont inférieurs de 25-30%, ils ont un accès plus difficile à l’éducation, la santé et sont plus souvent impliqués dans la criminalité ménagère.

La question raciale est, comme toujours, très pertinente dans ce pays qui se considère aujourd’hui comme une “Mecque” pour les immigrants, et la société américaine a fait beaucoup de chemin dans la lutte pour les droits des Afro-américains. Cependant, même des décennies plus tard, les problèmes de ségrégation et d’inégalité sont loin d’être réglés. Les Américains blancs et noirs ont des revenus différents et, bien souvent, vivent dans des quartiers différents. Les citadins aisés tendent à vivre en banlieue, alors que les Afro-américains peuvent plus rarement se permettre l’achat d’une maison et vivent plus souvent en ville. Dans les grandes mégapoles, comme à New York, il existe des quartiers exclusivement noirs.

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