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Le soccer a été frappé de plein fouet par une vague de chaleur accablante lors de la dernière Coupe du monde des clubs de la FIFA aux États-Unis — un rappel de ce qui pourrait attendre les joueurs et les spectateurs l’été prochain, lorsque la Coupe du monde de soccer sera présentée conjointement aux États-Unis, au Canada et au Mexique.
Associated Press
Alors que la température ne cesse de grimper partout sur la planète, les scientifiques préviennent qu’il sera de plus en plus dangereux de présenter une Coupe du monde et d’autres tournois de soccer pendant l’été, dans l’hémisphère Nord, pour les joueurs et les spectateurs. Certains suggèrent même que la FIFA doive modifier son calendrier afin de réduire les risques pour la santé associés à la chaleur accablante.
« Plus nous avançons dans la décennie, plus les risques s’accroîteront si nous ne prenons pas de mesures drastiques, comme jouer en hiver et/ou plus au nord, a expliqué le professeur Piers Forster, le directeur du Priestley Centre for Climate Futures à Leeds, en Angleterre. Je suis de plus en plus préoccupé par la perspective que nous ne soyons qu’à une vague de chaleur d’une tragédie sportive, et j’aimerais que les fédérations sportives soient un peu plus enclines à écouter les conseils de la science climatique et médicale. »
Les tournois de soccer sont traditionnellement présentés en juin et juillet depuis la première Coupe du monde, en 1930.
Depuis ce temps, la période estivale composée de juin, juillet et août s’est réchauffée de 1,05 degré Celsius, selon la U. S. National Oceanic and Atmospheric Administration. Entre-temps, les températures pendant l’été européen ont grimpé de 1,81 degré Celsius. La hausse s’est accélérée depuis les années 1990.
Les spécialistes de la question climatique ont mentionné que ce sera un facteur à prendre en compte lorsque des athlètes pratiquement des activités sportives à haute intensité à l’extérieur, comme le soccer.
« Si vous voulez jouer au soccer pendant 10 heures par jour, alors vous devrez jouer tôt le matin ou très tard le soir », a expliqué le climatologue Friederike Otto de l’Imperial College, à Londres, dans un courriel échangé avec l’Associated Press. « C’est ce qu’il faudra faire si vous voulez éviter qu’un joueur ou un spectateur ne meure à cause de la chaleur ou encore qu’il soit terriblement malade à cause de celle-ci. »
La chaleur accablante et les violents orages ont eu un impact sur le nouveau format de la Coupe du monde des clubs de la FIFA. Ce tournoi s’est déroulé dans 11 villes américaines, entre le 14 juin et le 13 juillet.
La FIFA s’est adaptée en modifiant son protocole pour lutter contre la chaleur accablante, en adoptant notamment des pauses de rafraîchissement supplémentaires, en offrant plus d’eau sur les lignes de touche et en rafraîchissant le banc des équipes avec des ventilateurs et plus de zones d’ombre.
Le syndicat international des joueurs de soccer, FIFPRO, a prévenu que six des 16 villes de la Coupe du monde de l’an prochain sont à « très grands risques » d’être frappées par une vague de chaleur accablante.
Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a abordé cet enjeu samedi, en déclarant que les stades de la Coupe du monde qui sont recouverts seront utilisés pour les matchs présentés en journée l’an prochain.
La chaleur extrême pourrait être encore plus un enjeu lors de la Coupe du monde de 2030, qui sera coorganisée par l’Espagne, le Portugal et le Maroc. Les matchs doivent se dérouler l’après-midi et en début de soirée entre la mi-juin et la mi-juillet. Ces trois pays ont déjà affiché des températures bien au-delà des 40 degrés Celsius à plusieurs reprises cet été.
La FIFA a minimisé les risques associés à la chaleur accablante dans son évaluation interne de la candidature pour la Coupe du monde de 2030, précisant que « les conditions climatiques sont difficiles à prévoir en raison du développement actuel du climat local et planétaire, mais il est peu probable qu’elles affectent la santé des joueurs ou des autres participants ».
La chaleur est un véritable enjeu, surtout lorsque la Coupe du monde est présentée dans l’hémisphère Nord, parce que les mois de juin et juillet sont des mois d’hiver dans l’hémisphère Sud.
La FIFA a toujours maintenu son calendrier traditionnel de juin et juillet pour la Coupe du monde de soccer masculin, sauf pour 2022, lorsque le tournoi a été déplacé à novembre et décembre afin d’éviter la chaleur torride de l’été au Qatar. Une décision similaire devrait être adoptée lorsque l’Arabie saoudite organisera la Coupe du monde de 2034.
Cependant, déplacer la Coupe du monde au calendrier n’est pas simple, puisque ça signifie que les très influentes ligues de soccer européennes doivent interrompre leur calendrier en pleine saison, affectant ainsi les ligues locales et la Ligue des Champions de l’UEFA.
La FIFA a refusé de répondre aux questions de l’AP au sujet d’éventuelles dates alternatives pour les Coupes du monde de 2030 et 2034.
Néanmoins, la chaleur sera toujours un enjeu majeur.
Les athlètes et tous ceux qui pratiquent des activités physiques sportives étaient exposés à 28 % plus de chances d’être confrontés à des risques modérés ou élevés de chaleur accablante en 2023 que pendant les années 1990, a mentionné Ollie Jay, un professeur à l’Université de Sydney qui a contribué à l’élaboration de la politique d’adaptation contre la chaleur des Internationaux de tennis d’Australie.
« C’est un symptôme de quelque chose de plus important, a dit Michael Mann, un spécialiste du climat à l’Université de la Pennsylvanie. Ça n’est pas seulement un inconvénient pour les spectateurs et les athlètes, mais la nature fondamentalement perturbatrice des changements climatiques transformera notre mode de vie actuel. »