La consommation d’énergie stagne dans les pays du G20

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«Pour la première fois, on observe un écart... (Photo Jim Urquhart, Archives Reuters)

«Pour la première fois, on observe un écart significatif entre la croissance économique et celle de la consommation d’énergie», a souligné le président du cabinet Enerdata.

PHOTO JIM URQUHART, ARCHIVES REUTERS

Agence France-Presse
PARIS

Les pays du G20 ont vu leur consommation d’énergie se stabiliser (+0,3%) l’an dernier, en rupture avec la tendance des années précédentes, alors même que leur croissance économique a atteint 3,5%, selon une étude publiée mardi par le cabinet Enerdata.

Cette évolution «historique», selon Enerdata, s’explique d’une part par une stabilisation de la demande en Chine, qui représente 30% de la consommation énergétique du G20, et d’autre part une forte baisse en Europe (-4,5%).

En Chine, cette stabilisation s’explique par une croissance économique moindre, même si elle est restée élevée (+7,5%). L’activité a été aussi moins énergivore, notamment du fait d’une production stable d’acier et de ciment (des secteurs fortement consommateurs d’énergie), ou encore de progrès réalisés en matière d’efficacité énergétique dans l’industrie.

En Europe, la baisse de la demande d’énergie est liée à un hiver très doux qui a restreint la consommation de chauffage.

«Pour la première fois, on observe un écart significatif entre la croissance économique et celle de la consommation d’énergie», a commenté Pascal Charriau, président d’Enerdata.

Par conséquent, l’«intensité énergétique» des pays du G20, c’est-à-dire le rapport entre la consommation d’énergie et le PIB, a connu une baisse «spectaculaire» de 3%, «alors qu’elle baisse traditionnellement de 1% par an ces dernières années», note Pascal Charriau.

Dans le même temps, les émissions de CO2 liées à l’énergie se sont stabilisées, une première depuis 40 ans, avec une baisse également enregistrée en Chine (presque -2%) pour la première fois depuis 1999.

Outre la stabilisation de la demande, la légère baisse du charbon dans le bouquet électrique chinois explique cette évolution. Elle a d’ailleurs entraîné une légère baisse de la demande mondiale de charbon (-0,7%), une première depuis 15 ans (hors crise de 2008).

Toutefois, la réduction du charbon dans les systèmes électriques chinois et européen a été compensée par l’augmentation de la consommation de charbon en Inde (+11%).

Pour Enerdata, il est donc «trop tôt» pour affirmer avec certitude que l’économie mondiale est en train de se «décarboner».

Il faudra notamment voir si certains phénomènes se confirment, comme la réduction du poids du charbon en Chine, le développement des capacités renouvelables et la concrétisation des politiques d’efficacité énergétique, souligne le cabinet.

En matière de mix énergétique, l’année 2014, marquée par la chute des prix du brut, a vu peu de bouleversements, avec un pétrole qui est toujours, au sein du G20, la deuxième énergie consommée (29%), derrière le charbon (35%).

Le gaz représente lui 19%, et a vu sa consommation se stabiliser l’an dernier, une première après une croissance continue depuis 2001 (hors crise de 2008).

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