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François Hollande élu président de la France

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Le socialiste François Hollande a été élu dimanche président de la France lors d’un vote sanction contre le sortant Nicolas Sarkozy qui fait revenir la gauche à l’Élysée après 17 ans d’absence et devrait peser sur la politique budgétaire européenne.
Il devient le septième président de la Ve République qui restera cinq ans à la tête d’une des principales puissances mondiales, détentrice de l’arme nucléaire, membre permanent du Conseil de sécurité et moteur de l’Union européenne. Et le premier de gauche depuis François Mitterrand (1981-1995).
 
La gauche avait cependant été au pouvoir de 1997 à 2002, dans une situation de cohabitation institutionnelle avec un président de droite.
François Hollande, 57 ans, a été élu avec 51,8 à 52% des voix selon les estimations sur bulletins de vote des instituts de sondages, battant le conservateur Nicolas Sarkozy, dernier en date des dirigeants européens balayés par la crise après ceux de la Grèce, de l’Espagne ou de l’Italie.
«Président!» a titré le Journal du dimanche dans une édition spéciale, sur fond d’un portrait de François Hollande souriant.
«On est débarrassé d’un poison en train de gangréner la société. Un président normal, ça fait beaucoup rêver», a lancé Didier Stephan, un artiste de 70 ans venu célébrer la victoire place de la Bastille, lieu symbolique pour la gauche à Paris.
Une clameur de joie a secoué les partisans du président élu rassemblés à dans son fief de Tulle (centre), où il devait s’exprimer dans la soirée avant de gagner la capitale.
Arrivé en tête au premier tour (28,6% contre 27,2% au sortant), François Hollande était depuis des mois donné favori du scrutin même si l’écart avec son rival s’est réduit les derniers jours.
«C’est un échec très lourd pour Nicolas Sarkozy face à un candidat sans expérience de gouvernement», a estimé le politologue Stéphane Rozès de l’institut Cap.
Issu de l’École nationale d’administration (ENA), creuset de l’élite française, François Hollande a été onze ans chef du Parti socialiste, élu plusieurs fois député du département rural de Corrèze (centre) qu’il préside, mais n’a jamais exercé de fonction ministérielle.
Il a été élu dimanche sur fond de crise avec l’explosion des déficits, un taux de chômage record (plus de 10%), la désindustrialisation du pays et une certaine désespérance de la part de Français qui redoutent de se voir imposer trop d’austérité par l’Union européenne.
François Hollande a indiqué que sa première visite à l’étranger en tant que chef d’État serait réservée à la chancelière allemande Angela Merkel, qu’il veut convaincre de renégocier le pacte budgétaire européen pour introduire un volet croissance. Son camp a déjà annoncé qu’il s’entretiendrait avec elle dès dimanche soir.
Triomphalement élu en 2007 avant de devenir très impopulaire, Nicolas Sarkozy, 57 ans, a enregistré la plus cinglante défaite d’une carrière politique commencée il y a plus de 30 ans.
Il n’a obtenu le ralliement d’aucun des candidats du premier tour le 22 avril, contrairement à François Hollande qui a reçu le soutien de la gauche radicale et des écologistes.
Après la percée historique de Marine Le Pen, dirigeante de l’extrême droite (17,9%), Nicolas Sarkozy, sans réserve de voix, avait été contraint à radicaliser son discours pour tenter de récupérer les électeurs du Front national.
Mais Marine Le Pen a voté blanc et le centriste François Bayrou pour Hollande, estimant trop «violente» la ligne du sortant.
Pour le politologue Gérard Grunberg, la défaite de Nicolas Sarkozy est «due à la fois à la crise et à ses erreurs dans sa manière d’incarner la fonction de président».
Les analystes estiment que le vote sanctionne la stratégie «à droite toute» du président. «La droite sort éclatée de cette élection, alors que la gauche est unie», relève M. Grunberg qui pronostique une difficile campagne à droite pour les législatives des 10 et 17 juin.
Mais la partie ne sera pas simple pour François Hollande, parti en campagne en outsider total il y a un an. Réputé pour son sens de la synthèse et de l’humour, mais qualifié de «flou» et de «mou» par ses détracteurs, il a émergé après la mise à l’écart de l’ex-patron du FMI Dominique Strauss-Kahn.
Outre sa priorité de renégocier le traité européen, il entend retrouver l’équilibre budgétaire en 2017, taxer les plus riches, lutter contre le chômage en créant des emplois notamment pour les jeunes.
«François Hollande devra utiliser sa large victoire pour faire bouger l’Allemagne. Pour une Europe de la croissance, protectrice, il devrait être appuyé par plusieurs dirigeants européens», estime M. Rozès.
Cet homme, qui a promis une «présidence normale» après celle de l’hyperactif Sarkozy, a aussi l’espoir d’inscrire «la gauche dans la durée» en modernisant la société. Il veut autoriser le vote des étrangers hors UE aux élections locales, permettre le mariage gai, ouvrir la porte à l’euthanasie.
François Hollande devrait être investi au plus tard le 15 mai. Après une première visite à Berlin, il enchaînera les rendez-vous internationaux, avec aux États-Unis le G8 puis le sommet de l’OTAN, où il devra expliquer sa décision de retirer de manière anticipée les forces françaises d’Afghanistan avant la fin de l’année.
Après les législatives de juin, il participera à son premier sommet européen à Bruxelles.
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