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Burundi: le chef d’État major annonce l’échec du coup d’État

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Le général putschiste Godefroid Niyombare a assuré avoir... (Photo JEAN PIERRE HARERIMANA, Reuters)

Le général putschiste Godefroid Niyombare a assuré avoir le soutien de «beaucoup» d’officiers supérieurs de l’armée et de la police.

PHOTO JEAN PIERRE HARERIMANA, REUTERS

Agence France-Presse
BUJUMBURA et Dar es Salaam

Le chef d’État-major burundais, le général Prime Niyongabo, a affirmé dans la nuit de mercredi à jeudi que la tentative de coup d’État contre le président Pierre Nkurunziza avait échouée, une information immédiatement démentie par le camp putschiste.

Après des semaines de contestation populaire, un général burundais a annoncé mercredi la destitution du président Pierre Nkurunziza, en déplacement à l’étranger lors de cette tentative de coup d’État dont l’issue restait incertaine dans la nuit.

La présidence burundaise a affirmé dès l’après-midi que le coup d’État, mené par un groupe de militaires «mutins», avait été «déjoué». Mais le général putschiste Godefroid Niyombare a assuré avoir le soutien de «beaucoup» d’officiers supérieurs de l’armée et de la police.

Dans la nuit, les deux camps ont chacun réaffirmé leurs positions, le chef d’État major Prime Niyongabo revendiquant le contrôle de la «présidence» et le porte-parole des putschistes, le commissaire de police Vénon Ndabaneze, celui de l’aéroport.

Dans les faits, il était toujours impossible de savoir qui contrôlait le pays, secoué depuis le 26 avril par un mouvement de contestation de la candidature de M. Nkurunziza à l’élection présidentielle du 26 juin.

«Je pense qu’il y a quelques cafouillages, je pense que demain va s’éclaircir», avait un peu plus tôt reconnu le général Niyombare sur la chaîne d’information télévisée France 24, assurant que pour l’armée «il n’y avait pas d’autre choix».

Les manifestations contre l’éventualité d’un troisième mandat du chef de l’Etat, au pouvoir depuis 10 ans, ont été marquées par de nombreuses violences qui ont fait une vingtaine de morts.

Dans la capitale Bujumbura, de nombreux manifestants ont exprimé leur joie à l’annonce du coup d’État, fraternisant avec les militaires et grimpant sur des blindés. Des groupes de manifestants chantaient, branches d’arbre à la main en signe de paix, criant «Victoire, on a gagné!»

Devant la principale radio privée, la RPA, qui a recommencé à émettre après avoir été fermée le 27 avril par les autorités, un manifestant exultait: «Ça fait 10 ans qu’on parle de la corruption, des tueries, de la malversation, c’est un moment très fort pour les Burundais».

Échec des tractations 

Dans la journée, un haut gradé loyaliste avait affirmé à l’AFP que des «tractations» étaient en cours entre loyalistes et putschistes. Les deux camps sont «d’accord pour ne pas verser le sang des Burundais», avait-il assuré.

Les déclarations dans la nuit du chef d’État-major et du porte-parole des putschistes ont signé l’échec de ces discussions.

«Les tractations ont buté sur un groupe d’officiers du Cndd-FDD (le parti au pouvoir, ndlr) qui ont rejeté toute solution qui écarte Nkurunziza», a dit à l’AFP un haut gradé du camp putschiste.

L’endroit où se trouvait désormais Pierre Nkurunziza restait lui aussi peu clair:

En fin d’après-midi, la présidence tanzanienne avait affirmé qu’il avait quitté la capitale économique tanzanienne Dar es Salaam pour Bujumbura.

Mais son retour a très vite semblé compromis: en début de soirée, l’aéroport international de la capitale burundaise était fermé. Peu auparavant, le général Niyombare avait ordonné la fermeture des frontières terrestres et de l’aéroport.

Des responsables ougandais ont refusé de confirmer ou de démentir une possible arrivée du président Nkurunziza en Ouganda. Une source au sein de l’opposition burundaise, présent à Dar es Salaam, a affirmé avoir vu revenir à leur hôtel les membres de sa délégation, qui lui auraient expliqué ne pas avoir pu atterrir en Ouganda.

Pierre Nkurunziza avait atterri dans la matinée à Dar es Salaam pour un sommet extraordinaire des chefs d’État de la Communauté est-africaine (Burundi, Kenya, Ouganda, Rwanda, Tanzanie).

Ses homologues de la région, qui ont discuté sans lui de la situation dans son pays, ont condamné le coup d’État en cours. Et demandé le report des élections législatives prévues le 26 mai et de la présidentielle du 26 juin, estimant que les conditions n’étaient pas propices à des élections.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a exhorté «au calme et à la retenue».

Des diplomates ont indiqué que le Conseil de sécurité de l’ONU tiendrait jeudi des consultations d’urgence sur la crise au Burundi, à la demande de la France.

Les ambassadeurs des 15 pays du Conseil entendront un exposé de la situation fait par vidéoconférence par l’émissaire de l’ONU pour le Burundi, Saïd Djinnit.

À Washington, la Maison-Blanche a appelé toutes les parties burundaises à «déposer les armes».

La chef de la diplomatie de l’Union européenne, Federica Mogherini, a elle aussi appelé les parties à faire preuve de «retenue et à éviter la violence». «Nous exhortons toutes les parties à coopérer pour trouver une solution pacifique à la crise», a-t-elle dit.

À la présidence burundaise, le principal conseiller en communication de M. Nkurunziza, Willy Nyamitwe, a affirmé que les militaires putschistes étaient «recherchés» pour être «traduits en justice».

Les locaux de la radiotélévision sont restés sous contrôle des loyalistes, qui ont fait face dans la journée à des milliers de manifestants. Selon la Croix-Rouge burundaise, des affrontements entre manifestants et policiers survenus avant l’annonce du coup d’État ont fait trois morts – deux civils et un policier – et 66 blessés.

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