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Baltimore: beaucoup d’Afro-Américains se méfient de la police

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Baltimore a été touchée par des violences qui... (PHOTO SAIT SERKAN GURBUZ, ARCHIVES REUTERS)

Agence France-Presse
BALTIMORE

Pierre Estep avait 16 ans quand un policier de Baltimore l’a mis en joue en plein visage, ce qui ne l’a pas vraiment incité à aimer les forces de l’ordre.

«Je pourrais vous en dire beaucoup d’autres sur ce qu’est la vie dans un quartier noir», raconte à l’AFP l’homme noir, aujourd’hui âgé de 56 ans, natif de Baltimore.

Cette ville de 620 000 habitants de l’est des États-Unis, voisine de Washington, a été touchée par des violences qui ont tourné à l’émeute lundi, le jour de l’inhumation de Freddie Gray, un Afro-Américain de 25 ans mort après son interpellation par la police.

Ce que le policier «m’a dit, c’est qu’il venait en deuxième place directement après Dieu et qu’il pouvait prendre ma liberté ou même ma vie», se souvient encore M. Estep.

«Je ne dis pas qu’être policier est une chose facile, mais la façon dont la police agit maintenant…», ajoute l’homme sans terminer sa phrase.

Baltimore n’est pas la seule ville du pays touchée par cette crise latente des relations entre la police et les communautés, en particulier noires.

Barack Obama, premier président noir des États-Unis, a lui-même reconnu mardi que «nous avons vu trop d’exemples d’interactions entre la police et (…) des gens, surtout des Afro-Américains, souvent pauvres, qui soulèvent des questions troublantes».

Le ministère de la Justice a pointé, dans un rapport accablant publié en mars, le racisme ordinaire de la police de la ville de Ferguson (Missouri), également le théâtre d’émeutes après la mort l’été dernier d’un jeune Noir non armé, Michael Brown, tué par un policier blanc.

Aujourd’hui à Baltimore, la confiance dans la police de la ville – qui fait actuellement l’objet d’une enquête fédérale – ne cesse de diminuer. Surtout depuis la mort de Freddie Gray le 19 avril des suites d’une fracture des vertèbres cervicales, une semaine après son interpellation par la police.

Six policiers ont été suspendus avec salaire en attendant les résultats d’une enquête qui devrait être rendue vendredi au procureur de l’État du Maryland.

«Les choses se dégradent»

Mais la mort de Freddie Gray n’est pas une exception.

Trente et une personnes sont mortes après une confrontation avec la police à Baltimore entre 2010 et 2014, selon un rapport publié en mars de la puissante association de défense des libertés American Civil Liberties Union (ACLU).

Une enquête réalisée par le quotidien Baltimore Sun en septembre révélait que la ville avait payé 5,7 millions de dollars depuis 2011 pour régler des plaintes au civil faisant état de brutalités policières.

Très souvent, les victimes sont des Noirs dont les inculpations, quand ils sont poursuivis, ont donné matière à non-lieu.

La plus forte indemnité, de 500 000 $, a été payée en 2007 à un couple accusé d’avoir enlevé leur petit-fils. L’homme avait été frappé lors de sa garde à vue, souffrant depuis de graves problèmes rénaux.

Un autre, chauffagiste, a reçu 30 000 $ après avoir été arrêté par un policier qui l’avait tiré de son véhicule, jeté par terre, piétiné sur la tête et lui avait fracturé le poignet droit.

«Il y en a des biens (des policiers, NDLR), mais on dirait quand même que les choses se dégradent», ajoute Clarence, un habitant qui ne veut donner que son prénom, âgé de 68 ans.

Alors que les contribuables sont sollicités pour dédommager les victimes, les policiers sont rarement sinon jamais inquiétés.

Leur syndicat, le Fraternal Order of Police, fait tout son possible pour conserver une loi, la Law Enforcement Officers Bill of Rights du Maryland, qui protège les agents.

La loi, très critiquée, permet d’exonérer facilement les policiers fautifs, estiment ses opposants.

Or, ces écarts de conduite sont suffisamment nombreux pour alimenter un blogue écrit par un cabinet local d’avocats.

On y trouve les exemples d’un policier de 36 ans qui a plaidé coupable dans une affaire de drogue alors qu’un autre a été suspendu après avoir frappé un jeune de 14 ans sous les yeux de journalistes.

«Beaucoup de policiers sont racistes», estime Aretha Williams, 45 ans, employée de grand magasin. «Ils croient qu’ils ont un permis de tuer en devenant policiers».

«Commettre des abus contre l’autre bord, quel que soit le bord, ce n’est pas bien, un point c’est tout», affirme-t-elle. «Nous sommes tous des êtres humains que l’on doit respecter».

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