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Zelensky alerte le monde sur une possible attaque nucléaire russe

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PHOTO SERGEI SUPINSKY, AGENCE FRANCE-PRESSE
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky

(Kyiv) Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé samedi le monde à « se préparer » pour l’éventuelle utilisation par la Russie de ses armes nucléaires, lors d’un entretien avec plusieurs médias ukrainiens.

AGENCE FRANCE-PRESSE

« Nous ne devrions pas attendre le moment où la Russie décidera d’utiliser ses armes nucléaires. Nous devons nous préparer pour cela », a-t-il déclaré au cours de cette interview retransmise par six sites d’information ukrainiens, ainsi que par la présidence ukrainienne sur Telegram.

Il faut « des médicaments (contre les radiations), des abris antiaériens », a-t-il affirmé. « Il faut leur parler, signer des traités, sévir économiquement. (Les Russes) peuvent utiliser n’importe quelle arme, j’en suis convaincu. »

Vendredi, Volodymyr Zelensky avait déjà jugé que « le monde entier » devrait être « inquiet » du risque que le président russe Vladimir Poutine, acculé par ses revers militaires en Ukraine, ait recours à une arme nucléaire tactique.

PHOTO D’ARCHIVES MINISTÈRE DE LA DÉFENSE RUSSE PAR L’ASSOCIATED PRESSUn missile intercontinental russe testé en 2020 par l’armée russe.

« Pas seulement moi, je pense que le monde entier, tous les pays doivent être inquiets », avait-il déclaré sur la chaîne américaine CNN.

Il faisait écho aux déclarations en ce sens du patron du renseignement extérieur américain William Burns qui avait estimé la veille qu’il ne fallait pas « prendre à la légère » une telle menace.

« Nous n’avons pas vraiment constaté de signes concrets comme des déploiements ou des mesures militaires qui pourraient aggraver nos inquiétudes », avait toutefois nuancé le chef de la CIA.

Après le début de l’invasion russe de l’Ukraine, le 24 février, le Kremlin avait brièvement évoqué la mise en alerte de ses forces nucléaires.

Moscou n’utilisera l’arme nucléaire en Ukraine qu’en cas de « menace existentielle » contre la Russie, avait ensuite déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov sur CNN, sans autre précision.

Selon le très respecté Bulletin of the Atomic Scientists, la Russie est équipée de « 1588 têtes nucléaires russes déployées », dont 812 sur des missiles installés à terre, 576 sur des sous-marins et 200 sur des bombardiers.

Arrêt des négociations

Le président Zelensky a aussi prévenu samedi que « l’élimination » des derniers soldats ukrainiens présents dans la ville portuaire de Marioupol assiégée par les forces russes « mettrait fin à toute négociation de paix » avec Moscou.

PHOTO ALEXANDER ERMOCHENKO, REUTERSUn résidant de Marioupol marche sur une rue où gisent des corps de civils tués lors d’affrontements entre forces russes et ukrainiennes.

« L’élimination de nos militaires, de nos hommes (à Marioupol) mettra fin à toute négociation » de paix entre la Russie et l’Ukraine, a déclaré M. Zelensky au cours d’un entretien avec plusieurs médias ukrainiens, avertissant que les deux parties se retrouveraient alors dans « une impasse ».

En termes de bilan humain, « Marioupol, cela peut être dix fois Borodianka », une petite ville ukrainienne près de Kyiv détruite après avoir été pilonnée et théâtre d’exactions présumées pendant son occupation par les soldats russes, a accusé M. Zelensky.

« Et plus il y aura de Borodianka, plus ce sera difficile » de négocier, a-t-il souligné. « Pour être honnête, nous n’avons aucune confiance dans les négociations concernant Marioupol. »

Après que l’armée ukrainienne a annoncé le 11 avril se préparer à « une ultime bataille » dans cette cité du sud-est, M. Zelensky a admis une « situation très difficile ».  

« Nos soldats sont encerclés », a-t-il déclaré. « Malgré tout, les gars continuent à se défendre. »

Quarante jours après avoir commencé, les combats se concentrent désormais dans la vaste zone industrielle de Marioupol, près de la mer d’Azov. Le « contact » est maintenu avec les forces ukrainiennes sur place, a affirmé M. Zelensky.

« C’est une crise humanitaire, il n’y a ni nourriture, ni eau, ni médicaments », a-t-il ajouté, accusant la Russie de « refuser » la mise en place de couloirs humanitaires.

PHOTO REUTERSDes soldats russes et prorusses regroupés sur un route de Marioupol.

Mardi, les autorités ukrainiennes ont prédit un bilan de 20 000 à 22 000 morts à Marioupol, une ville stratégique qui comptait en temps de paix 441 000 habitants.

Les pourparlers entre les belligérants sont au point mort depuis plusieurs jours. Ils sont « extrêmement difficiles » selon les propos mardi d’un conseiller de la présidence ukrainienne, Mykhaïlo Podoliak.

Le président russe Vladimir Poutine avait quant à lui taxé mardi les négociateurs ukrainiens de « manque de cohérence ».

Samedi, M. Zelensky a dit vouloir un traité de paix avec Moscou constitué de « deux documentés séparés ». « L’un des deux portera sur les garanties de sécurité pour l’Ukraine, l’autre (concernera) directement ses relations avec la Russie. »

Dans ce premier document, la sécurité de l’Ukraine serait garantie par certains pays « ayant montré » leur intérêt, comme « le Royaume-Uni, les États-Unis, l’Italie, la Turquie », a-t-il affirmé dans ce même entretien avec les médias ukrainiens.

« Moscou voudrait avoir un seul traité […] mais tous ne se voient pas vraiment discuter avec la Russie », a ajouté le président ukrainien.

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