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Coronavirus en Haïti : les experts craignent plus de 20 000 morts

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Avión con 129 migrantes llega a Haití durante pandemia

PHOTO DIEU NALIO CHÉRY, AP

Un enfant parmi des Haïtiens récemment déportés des États-Unis, arrivant à un hôtel où ils seront mis en quarantaine à Tabarre, en Haïti.

(Port-au-Prince) Le coronavirus pourrait causer plus 20 000 morts en Haïti, a avancé vendredi la cellule scientifique du gouvernement, tout en appelant à la prudence sur les projections alors que les mesures barrières sont difficilement applicables pour la majorité pauvre des habitants.

AGENCE FRANCE-PRESSE

« Dans le meilleur scénario possible, nous prévoyons environ 2000 décès, mais, suivant l’évolution de la situation, nous pouvons prendre ces prévisions et les multiplier par cinq, par dix », a annoncé l’épidémiologiste haïtien Patrick Dely. « Et dans un cadre catastrophique, nous pouvons aller au-delà de 20 000 décès », a-t-il ajouté lors de la première conférence de presse de la cellule scientifique mise sur pied le mois dernier par le gouvernement haïtien.

Avec une population de 11,2 millions d’habitants, Haïti n’est encore qu’aux prémices de l’épidémie de COVID-19, avec un total de 76 cas officiellement diagnostiqués et 7 décès enregistrés, selon le dernier bilan des autorités sanitaires publié jeudi.

D’éventuelles mesures de confinement, comme celles instaurées en Italie et en France, seraient difficiles à mettre en œuvre dans ce pays des Caraïbes, car la grande majorité des habitants dépend quotidiennement de l’économie informelle pour survivre.

Le système médical du pays n’étant pas en capacité de faire face à un afflux massif de malades, le dilemme des autorités haïtiennes consiste donc à réduire les risques de contamination tout en permettant aux citoyens de continuer à travailler.  

L’industrie de la sous-traitance textile, qui emploie près de 60 000 personnes en Haïti, a été autorisée à reprendre partiellement ses activités lundi après un mois d’arrêt.  

Seul un tiers du personnel n’est autorisé à être présent simultanément dans les usines, mais, malgré la faiblesse du salaire quotidien (500 gourdes soit 5 dollars U.S), cette reprise du travail est vitale pour les employés, car aucune assurance chômage n’existe en Haïti.

Avant même l’irruption de la crise sanitaire, l’ONU estimait déjà que plus de 40 % des Haïtiens avaient besoin d’une aide humanitaire d’urgence. 

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