Quel que soit le vainqueur de la présidentielle, il ne disposera pas de majorité au Parlement. Selon les premiers résultats des législatives annoncés dimanche, le Parti haïtien Tèt Kale (« tête chauve », au pouvoir) n’aura la majorité ni à la Chambre des députés ni au Sénat. La représentation parlementaire sera divisée entre une dizaine de partis. Plusieurs élus ou candidats ayant de bonnes chances de l’emporter sont accusés de narcotrafic. C’est le cas de Guy Philippe, un ancien officier de la police poursuivi par la justice américaine.
Si la journée de vote du 25 octobre s’était déroulée sans incidents majeurs, depuis cette date, les accusations de fraudes électorales se multiplient en Haïti. Et lundi 9 novembre, sept candidats à la présidence, dont ceux arrivés en 2e et 3e position du premier tour, ont formé un front commun pour contester la validité des résultats préliminaires publiés jeudi dernier par le conseil électoral. Ensemble, ils dénoncent l’emprise du pouvoir en place sur le processus et réclament une commission indépendante pour enquêter sur les cas de fraudes.
Les accusations de manipulation du scrutin par le pouvoir exécutif sont très loin de s’atténuer. Dans une lettre adressée lundi 9 novembre au Conseil électoral provisoire, sept candidats à la présidence réclament une commission d’enquête indépendante car ils considèrent que la commission interne au CEP « s’est montrée complètement asservie par le pouvoir en place ».
Ces sept candidats contestent le fait que Jovenel Moïse, le candidat choisi par Michel Martelly pour lui succéder, soit arrivé en tête du premier tour du scrutin en obtenant plus de 32% des suffrages. Jude Célestin, annoncé en 2e position, fait partie des contestataires tout comme Moïse Jean-Charles, crédité de la troisième place.
Tous deux ont boudé la possibilité offerte par la loi électorale de contester ces résultats devant les tribunaux électoraux. Le souci est que ce mouvement ne réunit pas l’ensemble des forces d’opposition : Maryse Narcisse, candidate du parti Lavalas, arrivée en 4e position, a, elle, déposé un recours en suivant la voie légale.

Yo koupe tout pye bannan yo nan Trou du Nord…


L’OEA observera le second tour des élections présidentielles

La Mission d’observation électorale de l’Organisation des États Américains (MOE-OEA) en Haïti,annonce dans un communiqué qu’elle prend note de l’annonce faite hier par le CEP des résultats préliminaires des élections présidentielles, qui concordent avec les observations faites par la Mission le 25 octobre.
Selon ces résultats, aucun des candidats n’a obtenu la majorité absolue (50 % +1) ou une avance de 25 % sur son poursuivant, tel que prescrit par la Constitution et le Décret électoral pour remporter la présidentielle, rendant un second tour nécessaire. Au regard des ententes existantes entre le Gouvernement d’Haïti et le Secrétariat général de l’OEA, l’Organisation déploiera une Mission d’observation électorale pour le second tour des élections présidentielles prévu au mois de décembre. L’OEA réitère l’importance de voir les phases finales du processus électoral conduites en accord avec les normes préétablies et dans un climat de paix et de calme.
En prévision du second tour de ces élections, la MOE-OEA encourage tous les partis politiques ayant pris part au scrutin à travailler et s’investir ensemble dans la construction d’une démocratie haïtienne plus vigoureuse et plus inclusive.
La Mission croit que la volonté politique, ainsi que des actions résolues du CEP permettront de surmonter les difficultés rencontrées lors des élections du 25 octobre. La MOE-OEA soumettra aux autorités électorales pour leur considération un rapport contenant des recommandations pour le prochain tour d’élections. Ces recommandations viseront principalement le rôle et la gestion des mandataires, une source de préoccupations durant le vote du 25 octobre.
La Mission encourage les partis politiques et les citoyens à faire usage des voies légales disponibles pour faire valoir toute potentielle inquiétude. Elle exhorte les autorités compétentes à enquêter sur les allégations d’irrégularités présentées et à sanctionner tout acte proscrit par la Loi.
La MOE-OEA appelle tous les Haïtiens à poursuivre leur engagement dans le processus électoral et à participer massivement au second tour des élections présidentielles.