Go to Admin » Appearance » Widgets » and move Gabfire Widget: Social into that MastheadOverlay zone

Il existe deux catégories de parents. La première est très rigide sur les principes. Leurs enfants sont élevés comme des soldats. Ils ne doivent commettre aucun impair, sous peine d’être châtiés avec la dernière rigueur. La deuxième catégorie, quant à elle, est plutôt cool. Voire hyper cool. Mais sur certains principes, ils sont intransigeants. Cela ne les empêche pas de converser avec leurs enfants. Ils n’ont pas peur de discuter avec eux sur les sujets les plus intimes.
Bien que, fort souvent, ils n’hésitent pas à leur tirer les oreilles au moindre faux pas. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, rigide ou pas, bien des fois, ils se font curieusement berner par leurs enfants. J’ai dit curieusement, car fort souvent, les parents nous sortent cette phrase : « J’ai vu le jour avant toi, donc ne pense même pas que tu vas pouvoir tromper ma vigilance. »
Mademoiselle, une belle « grimelle » de haute taille, avec des fesses à faire damner un saint, aimait beaucoup les sorties nocturnes et les voyages. Elle avait toujours un menu assez chargé. Pas de temps pour moisir à la maison. Ses parents la suppliaient de faire une croix sur les soirées, car, en rentrant au bercail, elle pourrait croiser des créatures maléfi ques très dangereuses. Et ces rencontres risqueraient de lui coûter la vie.
Un beau matin, je passais dans le quartier lorsque Radio Dyol m’a informée que Mademoiselle était malade. Elle avait beaucoup maigri et restait inconsciente parfois. Mais pas n’importe quelle maladie. Elle avait un « zombi » qui habitait son corps. Mon Dieu! Mais c’est très grave alors, ai-je répondu. J’ai demandé : « Comment savez-vous pour le zombi » ? La même radio m’a informée que le revenant a pris possession de son corps pendant qu’elle revenait d’une soirée avec des amis, avant d’ajouter : « Se tout tan manman l te konn pale l. Kounya men traka… »
Les soeurs d’église de ses parents venaient chaque semaine pour prier avec Mademoiselle. Elles sont venues pour chasser le zombi. Les voisins et voisines priaient également. Mademoiselle ne mettait jamais un pied dehors, car elle était trop pâle et un peu maigre. Deux mois plus tard, l’état de santé de la malade n’avait pas amélioré. Les parents perdaient tout espoir jusqu’au jour, où, finalement Mademoiselle a largué la bombe. Une bombe qui, dans sa famille, a fait plus de dégâts que celles d’Hiroshima et de Nagasaki réunies. Mademoiselle était : ENCEINTE !
La nouvelle s’est répandue comme une trainée de poudre dans le voisinage. Pauvres ces Soeurs qui priaient durant tout ce temps ! Peut-être que Dieu ne leur avait pas révélé la vraie nature de ce « zombi ». Coup de théâtre. Coup de coeur. Adieu les exorcismes. Welcome to the Baby shower! Le plus douloureux dans tout cela, les parents de la jeune fi lle qui n’ont de cesse de répéter qu’ils voient le jour avant leur enfant n’ont pas pu découvrir seuls ce subterfuge qui a duré deux mois, mais avec l’aveu de Mademoiselle.
Nancy Constant